18e Colloque annuel

Le 18e Colloque du Chapitre Saint-Laurent s'est tenu les 5 et 6 juin dernier, au Château Laurier de Québec, sous le thème « Comment concilier l'exploitation des ressources et la protection de l'environnement? »

Développement minier, exploitation des terres rares et de l’uranium,  radioactivité, gestion des résidus miniers, exploration et exploitation des hydrocarbures pétroliers, gaz de schiste, pipelines, exploitation forestière, hydroélectricité, … Ce sont là des sujets qui suscitent un intérêt grandissant par les défis et les préoccupations qu’ils évoquent. Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la conciliation entre l’exploitation de ces ressources et les exigences du développement durable représente un enjeu majeur pour l’ensemble des parties prenantes. Malgré les mesures prises pour réduire la dégradation de l'environnement lors de l’exploitation de ces ressources, ces activités peuvent occasionner des impacts, incluant la perte de biodiversité, d’habitats et de territoire, ainsi que le rejet de contaminants dans différents milieux. Le développement d’expertise analytique, de programmes de recherche et de suivis intégrés apparaissent d’autant plus nécessaires, afin de mettre en commun les connaissances spécialisées quant aux effets microbiologiques, biologiques, écotoxicologiques et socioécologiques.

Les conférenciers invités nous ont fait l'honneur d'initier ce 18e colloque en nous entretenant sur des sujets d'actualité : hydrocarbures pétroliers, exploitation des lanthanides et métaux associés, phytoremédiation des sites miniers !

Émilien Pelletier, Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine à l'Université de Québec à Rimouski, depuis 2001.

L'écotoxicologie marine : une discipline encore en devenir.

Peut-on établir une différence nette entre l’écotoxicologie marine et tout simplement l’écotoxicologie aquatique? La réponse nous semble bien être positive mais encore faut-il le démontrer ! Monsieur Pelletier nous a présenté un bref résumé des 30 dernières années de ses recherches, passées à tenter de comprendre les relations qui existent entre un bon nombre de contaminants, en particulier les hydrocarbures pétroliers, et quelques espèces marines, à partir des plus simples comme les échinodermes, jusqu’aux plus complexes et mystérieuses comme nos amis les bélugas.

Céline Boutin, Chercheure scientifique à Environnement Canada et Professeure auxiliaire à l'Université Carleton (ON)

Faits et études sur les terres rares

Les Terres Rares (TR) ou métaux du groupe des lanthanes (17 métaux incluant l’yttrium et le scandium) sont devenues indispensables en technologie de pointe. L’extraction minière et le raffinage de ces métaux sont compliqués et polluants à cause de la ressemblance chimique qu’ils présentent entre eux.Très peu d’études se sont penchées sur les effets toxiques de ces métaux sur les plantes et les invertébrés. Madame Boutin nous a présenté les résultats de ces travaux sur quelques organismes terrestres, en particulier des plantes indigènes et des sauterelles indigènes.

Sébastien Roy, Professeur à l'Université de Sherbrooke, Département de Biologie, Directeur du Centre d'étude et de valorisation de la diversité microbienne

La phytotechnologie : un moteur important pour le développement durable dans l'industrie minière

L'activité minière perturbe l'environnement naturel et génère des résidus de qualités très diverses. Bien que la renaturalisation de ces sites perturbés revêt plusieurs défis technico-économiques, Monsieur Roy nous a présenté comment nous pouvons nous inspirer des mécanismes naturels dans notre conception de solutions plus efficaces et plus intéressantes sur le plan social. Cette présentation a ainsi porté sur le développement de phytotechnologies qui exploitent le patrimoine végétal et microbien indigène du Québec, dans une optique de développement durable, pour réhabiliter les sites miniers.

Cette rencontre a été l'occasion de nombreux échanges et de partage de connaissances sur ces questions, notamment lors de l'atelier de discussion final, animé par Mélanie Desrosiers (Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec) auxquel ont participé :

  • Michel Aubertin, Professeur à l’École Polytechnique de Montréal, Directeur scientifique de l’institut de recherche sur les mines et l’environnement. Ancien titulaire de la chaire industrielle CRSNG Polytechnique-UQAM en Environnement et gestion des rejets miniers (2001-2012);
  • Christian Simard, directeur général de Nature Québec, depuis 2007, un des plus importants mouvements environnementaux au Québec. À ce titre, il est à l'origine et au coeur de différentes coalitions : Pour que le Québec ait meilleure mine ! Coalition Saint-Laurent, le mouvement Sortons le Québec du nucléaire, Mobilisation gaz de schiste…Christian Simard a été député fédéral de Beauport-Limoilou (2004-2006); adjoint du président de la Fondation de la faune du Québec (1997), conseiller politique au Ministère de l'Environnement et de la Faune (1996) et directeur général de l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) de 1988 à 1995.
  • Simon Britt, Président et chef de la direction de la compagnie Ressources Geomega Inc., dans laquelle il est impliqué depuis 2009. De mai 2005 à juin 2010. Membre de l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec, M. Britt a aussi agi à titre de consultant en comptabilité et divulgation financière auprès de sociétés d’exploration inscrites à la Bourse. Il a occupé de janvier 2007 à août 2009 le poste de Chef des finances de Kinbauri Gold Corp., acquis par Orvana Minerals en août 2009.
  • Jacques Dupont, sous-ministre adjoint à la Direction générale de l’Eau, de l’Expertise et des évaluations environnementales (DG4E). Titulaire d’un baccalauréat en géographie physique (géomorphologie) et d’une maîtrise en sciences de l'eau de l'INRS-Eau (hydrologie). Monsieur Dupont est à l’emploi du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) depuis 1982 où il a travaillé comme expert et gestionnaire à la Direction du suivi de l’état de l’environnement chef de service puis, directeur de la Direction des évaluations environnementales. Depuis 2008 à aujourd’hui, il a occupé divers postes de sous-ministre adjoint. Depuis 2013, il agit à titre de sous-ministre adjoint à la Direction générale de l’Eau, de l’Expertise et des évaluations environnementales (DG4E) où il coordonne l’application des régimes d’évaluation environnementale du Québec méridional et des territoires visés par la Convention de la Baie James et du Nord Québécois. Il est aussi responsable de la Direction des politiques de l’eau, du Centre d’expertise hydrique du Québec (CEHQ), du Centre d’expertise en analyse environne-mentale du Québec (CEAEQ) et du Bureau de coordination sur l’évaluation stratégique (BCÉS).

                                         

Merci à tous nos conférenciers, participants, ainsi que nos partenaires !

    
                                   
         

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